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La Palestine aux états généraux du film documentaire à Lussas du 17 du 21 août
Publié le vendredi 17 juillet 2026
En 2025, les États généraux programmaient, sous l’intitulé « Palestine », plusieurs films. Face au génocide, il s’agissait de contrer l’invisibilisation d’un peuple par le déploiement de voix, de récits, de regards. Un an plus tard, où en sommes-nous ? À Gaza, en dépit du cessez-le-feu, l’écocide, l’urbicide, le culturicide menés par l’État d’Israël continuent et les morts s’amoncellent. Et alors que nous planchions sur la programmation 2026, l’Iran et le Liban ont été attaqués – rappel que ce qui est à l’œuvre relève d’un impérialisme colonial. Alors si donner à voir des films pour contrecarrer l’effacement, soutenir les cinéastes qui œuvrent à la représentation de leur peuple demeurent une nécessité, à celle-ci s’adjoint celle de ne pas archipelliser la Palestine – ni la cantonner à cette programmation (ainsi, certaines cinéastes palestiniennes voient leur film programmé dans d’autres sections du festival).
En trois séances, les films réunis représentent, ancrent, prennent acte de ce qui se joue au Liban et en Palestine. De “Palestine, un autre Vietnam“, qui rappelle comment le cinéma palestinien s’est tressé dès les années soixante à la cause internationaliste et de solidarité globale ; à “Off Frame ou la Révolution jusqu’à la victoire“ agrégeant des images de sources diverses, ces films replacent « la lutte des Palestiniens dans une histoire d’oppression qui a débuté bien avant 1948 (1) ». Dans “The Flowers Stand Silently, Witnessing“, où la beauté des fleurs cueillies par brassées – métaphore terrible de la colonisation – s’articule à la trop rare présence de Palestiniennes ; et dans “Intersecting Memory“ qui via une adresse à la mère souligne la nécessité de se saisir de l’histoire collective pour appréhender son histoire intime ; l’on voit comment une image n’est jamais qu’« une » image. “Vibrations de Gaza“ et “Contes de la terre blessée“ placent, eux, au cœur de leurs enjeux la façon dont l’occupation et les destructions s’infiltrent partout, affectent tout le monde. Idem pour “The Diary of a Sky“ qui, en scrutant un espace impensé de la guerre, l’espace aérien, énonce avec une évidence désarmante la continuité territoriale – du Liban à la Palestine – de la logique impérialiste d’Israël. Dans tout ce qu’ils déplient, ces sept films nous convoquent. Loin d’héroïser les luttes ou d’assigner les personnes filmées à un cadre humanitaire, ils (re)branchent les situations en cours à un contexte historique et politique, ils déploient des narratifs riches et nous interpellent sur ce qu’on regarde, comment, et sur ce qui nous regarde.
Caroline Châtelet
Caroline Châtelet est programmatrice (Tënk), pré-sélectionneuse (Etats généraux du film documentaire), journaliste culturelle et critique dramatique (Médiapart, Sceneweb, Novo…)
LA PROGRAMMATION
Films projetés en VO – ST Français
– (R) = Rediffusions : Les équipes de films ne sont pas présentes aux rediffusions.
– (SD) = Séances Découverte à 19:00, accessibles en priorité aux cartes découverte et billets unitaires.
> SÉANCES SPÉCIALES PALESTINE – LIBAN
• Contes de la terre blessée (Tales of the Wounded Land)
Abbas FAHDEL
Liban, 2025, Couleur, 120 min.
Chronique intime de la guerre qui a dévasté le Sud-Liban, laissant derrière elle une terre brûlée et une communauté meurtrie qui tente de se re-construire et de retrouver un semblant de paix
Jeudi 20.08, 20:45, Salle des fêtes
Vendredi 21.08, 09:45, Salle Cinéma (R)
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• Palestine, un autre Vietnam (Palestina, otro Vietnam)
Jorge DENTI, Jorge GIANNONI, Manuela GENERALI
Liban, Argentine, Suisse , 1971, Couleur, 22 min.
En 1971, les cinéastes argentins Jorge Denti et Jorge Giannoni ainsi que l’artiste suissesse Manuela Generali, membres du Third World Film Collective, réalisent à Beyrouth “Palestine, un autre Vietnam“. Dans le contexte des combats anticoloniaux de l’époque, ce film tisse des liens entre l’Amérique latine et le monde arabe, soulignant l’inscription de la cause palestinienne dans un réseau de solidarité entre peuples luttant contre l’impérialisme. Réalisé en collaboration avec l’Unité du Film Palestinien, “Palestine, un autre Vietnam“ est composé d’images documentaires, de montage d’archives et d’entretiens avec des fedayins. Cinquante ans après, ce film continue de bouleverser nos représentations du colonia-lisme, de la solidarité et de la liberté.
Vendredi 21.08, 09:45, Salle des fêtes
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• Off Frame ou la Révolution jusqu’à la victoire
Mohanad YAQUBI
France, Palestine, Liban, Qatar, 2015, couleur, 62 min.
Ce film est une méditation sur les luttes du peuple palestinien pour faire advenir leurs propres représentations dans les années soixante et soixante-dix, avec la création de l’Unité du Film Palestinien au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine. Exhumant des films conservés dans des archives à travers le monde, “Off Frame“ débute par des représentations populaires de la Palestine moderne et retrace le travail de cinéastes militants pour se réapproprier les images et les récits du cinéma révolutionnaire. En ressuscitant une mémoire de lutte oubliée, “Off Frame“ fait revivre ce qui se joue dans le cadre, et, à travers une réflexion critique, interroge le hors-champ.
Lundi 17.08, 14:30, Salle Moulinage (R)
Vendredi 21.08, 09:45, Salle des fêtes
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• Intersecting Memory
Shayma’ AWAWDEH
France, Palestine, 2025, archives, couleur, 21 min.
En Palestine, dans les territoires occupés durant la Seconde Intifada, la peur, l’état de siège, la mort sont le quotidien de la ville d’Hébron. Les moments du passé ressurgissent a travers des souvenirs d’enfance, entremêlés à la mémoire collective. Alors que tout continue et se répète, de quoi nous souvenons-nous ? Qu’oublions-nous ?
Vendredi 21.08, 14:15, Salle des fêtes
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• The Flowers Stand Silently, Witnessing
Theo PANAGOPOULOS
Royaume-Uni, 2024, archives, couleur, 17 min.
Lorsqu’un cinéaste palestinien basé en Écosse découvre des images d’archives rares de fleurs sauvages tournées dans son pays d’origine, il décide de se les approprier. Cet essai filmique délicat vient questionner ce qui se joue dans la production des images, sur le plan du témoignage comme de la violence, lorsqu’elles concernent les liens complexes qui unissent les peuples et la terre.
Vendredi 21.08, 14:15, Salle des fêtes
LUSSAS est située en Ardèche méridionale au pied du massif du Coiron et en bordure du plateau des Gras. Elle fait partie du canton de Villeneuve-de-Berg et de la communauté de communes Berg et Coiron.